#VMBookClub : Les Glorieuses, chroniques d'une féministe

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#VMBookClub est une série d’articles où l’on vous parle de ce qu’on lit. Bandes dessinées, romans, nouvelles, essais… une fois par mois, nous revenons sur un livre qui nous a marqué. C’est un peu un club de lecture dématérialisé : n’hésitez pas à réagir sur Twitter et Instagram en nous parlant de ce que vous lisez avec le hashtag #VMBookClub !

Quand j’étais plus jeune au collège, je faisais partie de ces personnes qui passaient leurs récréations au CDI et les midis dans des clubs de lectures. Je n’étais peut être pas la personne la plus cool du collège, mais je trouvais ça génial de se réunir autour d’une table et de présenter ses dernières lectures aux autres avant de choisir dans la grande boîte quel serait le prochain livre que je dévorerais. Je n’aurais jamais pensé qu’un jour, j’allais moi aussi créer mon propre club de lecture.

J’ai des périodes où je lis énormément, d’autres où je ne touche pas à un livre pendant des mois. Certaines où je dévore uniquement des pavés, d’autres où je ne lis que des bandes dessinées. Je suis le genre de lectrice qui prend une bonne année à terminer un livre car j’en lis une dizaine en même temps.

J’ai toujours voulu créer un club de lecture, surtout depuis cet article où je vous parlais de la GloryBookBox, une box de livres. J’ai profité de l’été pour ouvrir tous les livres que je voulais entamer pendant l’année et j’ai finalement décidé d’ouvrir le #VMBookClub. Tout comme les portraits où je ne prétends pas être journaliste, ici je ne prétends pas être critique littéraire. Lorsque j’ai commencé à m'intéresser au féminisme et plus généralement à la place des femmes dans la littérature, on m’a conseillé énormément d’auteures et de livres. J’ai donc décidé de créer cette série d’articles qui sera en réalité des impressions à chaud d’un livre que j’aimerais vous recommander : ça me force à reprendre la lecture et en même temps, ça vous donne des idées de livres à lire.

J'aimerais commencer par dire que chez #VraiesMeufs, on adore Les Glorieuses. Rebecca Amsellem est la créatrice de cette newsletter féministe à laquelle je suis abonnée depuis que j’ai pris connaissance du mouvement du #3Novembre11h44 (on vous en explique plus sur cette date ici !). Quand j’ai appris que Les Glorieuses publiaient un livre, je n’ai pas hésité une seconde.

Je vais être franche avec vous : je n’ai jamais vraiment lu de livres féministes (enfin si, un livre de Simone de Beauvoir mais ce n’était même pas Le Deuxième Sexe…. et les bandes dessinées de Margaux Motin ça compte ?). J’ai toujours eu l’impression que c’était quelque chose de trop… activiste pour moi, que ce n’était pas accessible à tout le monde. Mes aprioris ont disparu dès le début du livre. Au contraire, il se lit assez vite et est très captivant (je l’ai fini en une seule traite et j’ai dû le lire 2 fois). On retrouve donc vingt chroniques. Il n’y a pas vraiment d’ordre, ce sont plutôt des anecdotes et des petites histoires sur des thématiques et des expériences personnelles de l’auteure, des expériences qui l’ont fait réfléchir à sa condition de femme et qui l’ont amené à mener ce combat pour l’égalité des sexes. Rebecca est une jeune femme de son temps et vit probablement la même vie que nous tous, ce qui rend le récit plus fort car en tant que femme, on se reconnaît complètement dans les situations dont elle parle. Dans chaque chronique elle aborde des thématiques de société : la peur de parler en public, la fameuse discussion de soirée où elle se retrouve à débattre de féminisme, des souvenirs de sa grand mère où encore le processus qui l’a conduit à choisir pour nom “Les Glorieuses” pour son projet.

Les Glorieuses, ce sont toutes les femmes de mon imaginaire. Les Glorieuses, ce sont toutes celles qui sont mères et celles qui ne le sont pas. Toutes celles qui ont choisi de s’engager pour les autres et toutes celles qui s’engagent simplement à vivre. Les Glorieuses, ce sont les femmes, toutes les femmes.

Ce livre, ce n’est pas seulement la vie de Rebecca. C’est la vie d’Olympes de Gouges, de Marguerite Durand, de Paulette Nadal mais aussi de la grand mère de Rebecca. C’est un livre-hommage à toutes les influences qu’elle a pu avoir, à son cheminement dans cette réflexion féministe, c’est un rappel de ce que certaines femmes auront à subir, plus de discriminations que celles uniquement liées au sexe, cela sonne aussi comme les paroles d’une grande sœur pour une jeune femme comme moi qui n’a pas été amenée à vivre certaines situations encore.

Je ne peux pas ne pas parler des illustrations de Clémentine du Pontavice, artiste parisienne aux multiples talents. Les dessins minimalistes aux traits féminins donnent un tout autre aspect à la lecture, rappelant les recueils illustrés de poésie. Le livre contient aussi une liste de références en tout genre : des livres, films, sites internet, documentaires… que j’ai commencé à regarder et qui permettent d’approfondir certaines notions abordées dans les chroniques.

Mon passage préféré :

“Il n’y a jamais eu un seul féminisme. Ils ont toujours été multiples. Il y a sans doute autant de femmes qu’il y a de versions du féminisme. Chaque personne peut s’approprier cette notion et proposer sa propre définition. Cette diversité d’interprétations est ce qui rend ce mouvement politique si puissant et si évident.”

C’est une idée que je m’efforce de répéter car c’est en cela qu’est la véritable définition du féminisme. Il n’y en a pas une, universelle, mais plusieurs, propres à chacun.e avec une entité qui peut nous réunir tout.es. Plus je grandis et plus je m’en rends compte.

A la fin du livre, c’est un soulagement que je ressens : celui d’être normale, de savoir que je ne suis pas la seule à avoir ce cheminement intérieur, ce “parcours” féministe dans ma tête. J’ai l’impression de ressortir d’une conversation avec l’auteure. D’ailleurs Rebecca, quand est-ce qu’on dresse ton portrait sur #VraiesMeufs ?