Sonita Alizadeh élève sa voix contre le mariage forcé

#VMStories raconte les femmes qui ont, à leur échelle essayé de bouger les choses. Activistes, artistes, politiciennes, reines, guerrières… à travers cette série d’articles, nous souhaitons leur rendre hommage et vous raconter leur histoire.

Sonita est pour moi un symbole fort de résistance féminine. J’ai pu la découvrir grâce au roman graphique de Pénélope Bagieu, une biographie courte mais qui explique bien son parcours à lire par ici. Elle s’est battue pour se faire entendre, et pour défendre sa cause, qui est par ailleurs une cause noble et j’ai aujourd’hui envie de vous faire découvrir son histoire.

Sonita Alizadeh est une jeune femme née en 1996 en Afghanistan. À seulement 10 ans elle est mariée de force à un homme (mariage organisé par sa famille) pour elle ce n’était qu’un jeu mais elle s’est vite rendue compte du contraire. En effet le mariage forcé est une des choses qui constitue la dure tradition Afghane. Beaucoup d’enfants sont alors mariés de force très tôt (on compte 12 millions de filles de moins de 18 ans chaque année) et vont souvent être victimes de toutes sortes de violences. L’Afghanistan étant occupé par les Talibans, sa famille décide de fuir le pays pour aller en Iran et plus exactement à Téhéran. Elle échappe donc de peu au mariage. Elle se retrouve dans un programme d’une ONG afin d’apprendre à lire et à écrire, malgré les problèmes liés à la mise à l’écart des réfugiés à Téhéran. En Iran, Sonita essaye en vain de vendre les poèmes qu’elle écrivait : « Mais avec mes carnets de notes dans mon sac, dans cette situation difficile en Iran, j’avais l’impression que j’étais en train de transporter avec moi de la drogue. » explique-t-elle dans une interview pour francetv.

C’est à Téhéran, que son destin va changer. Un jour, alors qu‘elle faisait le ménage, elle entend une chanson d’Eminem. C’est à ce moment qu’elle va décider de chanter, malgré l’interdiction faite aux femmes de chanter en Iran, pour exprimer sa colère et son opinion sur le régime oppressant de son pays mais surtout, sur le mariage forcé. Entre temps, sa mère essaye de nouveau de la ramener en Afghanistan afin de la marier, ce qu’elle refuse catégoriquement. C’est en 2015, grâce à la réalisatrice Rokhsareh Ghaemmaghami que Sonita va prendre de l’élan. Cette femme va demander à la mère de Sonita un sursis de 6 mois afin que Sonita se forge. C’est là que sa carrière prend forme. Elle enregistre son premier clip Brides for Sale, s’affichant couverte de bleu en robe de marié pour faire savoir tout son mécontentement face au mariage forcé et qui, fut vu 600 000 fois à l’époque.

« Je crois que cette chanson n’est pas uniquement mon histoire. C’est la situation de beaucoup d’autres gens, d’amies que j’ai perdues. C’est l’histoire de beaucoup de filles dans le monde entier. Hélas, elles ne peuvent pas s’exprimer. Moi j’essaie par le rap d’être la voix de celles qui n’ont pas la chance que j’ai. »

dit-elle toujours sur francetv. Sa vidéo lui permettra de partir étudier aux Etats-Unis grâce à une association appelée Strongheart.

Elle devient également en 2016, le sujet de documentaire de Rokhsareh Ghaemmaghami intitulé Sonita et qui obtiendra en 2016 le prix du grand jury de Sundance. Sonita rejoint l’organisation Girls not brides, en devenant « champion » (ndlr : Les champions de Girls not brides sont des personnes influentes, qui aide à changer les choses face aux mariages forcés des jeunes enfants.)

écrit par Justine