Qui sont les Rohingyas ? Entre silence et indifférence

Credits : Ashique Rushdi / USAID | https://tricy.cl/2vMlHwz

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Sur VraiesMeufs, nous avons décidé de parler du génocide qui se produit actuellement en Birmanie et dont personne ne parle. Plus de 80 000 Rohingyas fuient le pays en raison des persécutions à leur égard. Les Rohingyas sont un peuple musulman vivant en Birmanie depuis le 15ème siècle; ils ont toujours connu la haine des birmans, en raison du soutien qu’ils ont fourni à l’Angleterre pendant les deux guerres mondiales. Leur préjudice a donc commencé depuis plus d’un siècle, pourtant les médias français n’en parlent que depuis quelques mois, tant d’indifférence à l’égard de ce massacre. Cependant, plusieurs personnes influentes dans le monde politique ont pris parole dont Barack Obama et Malala qui ont pris parti pour les Rohingyas tandis que d’autres, comme la très connue Ang San Suu Kyi (Prix nobel de la paix 1991), ont dénié tout génocide. Quelques associations tentent d’aider les réfugiées comme plusieurs : ONG, BROUK (crée par un Rohingya qui a fui le pays), HAMEB ou bien BarakaCity.

Outre les persécutions, cette minorité ne possède pas la nationalité birmane puisque les Rohingyas ne sont pas reconnus comme birmans. Ils n’ont aucuns droits politiques et économiques. Il existe même des lois interdisant les mariages inter-religieux entre Birmans bouddhiste et Rohingyas musulmans. Leur accès à l’enseignement est difficile. Mais leurs difficultés ne s’arrêtent pas là, puisqu’ils sont tués, violés, brûlés, violentés dans l’indifférence totale étant donné qu’elles sont parfois produites par des membres de l’état, comme des policiers ou des soldats. Il existe même des camps de travail forcé, correspondant aux camps de concentrations de la Shoah.

Après quelques recherches sur le sort des femmes Rohingyas, nous sommes tombés sur des témoignages de jeunes femmes qui à partir de 13 ans ont été violées en toute impunité par des soldats. Ces femmes, devenues esclaves sexuelles des soldats, se retrouvent contraintes à garder le silence contre les hommes les ayant abusées. Certaines ont vécu des viols collectifs, une autre un viol alors qu’elle était enceinte de 9 mois. A cette peur du viol se rajoute la peur de la mort, puisque les autorités birmanes ferment les yeux sur les incendies de villages et meurtres qui ont lieu dans le pays. Mais aussi la peur d’être vendues comme plus d’une centaine de jeunes femmes, qui, faute de manque d’argent pour s’enfuir de la Birmanie se retrouvent conduites à un mariage forcé contre une vie hors de la Birmanie. La vie contre la liberté.

Plusieurs rappeurs français ont dénoncé l’injustice contre les gens les plus persécutés du monde selon l’ONU; on peut compter Médine qui a fait une chanson complète à ce sujet (Nour-Enfant du destin) où il raconte l’histoire d’une jeune fille violée par l’homme qui l’exploite et qui sera tuée par les moines bouddhistes. Médine a d’ailleurs été en Birmanie dans les camps de réfugiés. Abdallah a aussi dédié un couplet à la défense des Rohingyas dans 1435, en dénonçant le silence sur cette cause à la télévision. Nekfeu a aussi parlé de cette injustice lors des Victoires de la Musique avec la phrase «  Prenez Marine Le Pen et libérez Moussa » puisque Moussa, parti pour aider les Rohingyas a été arrêté pour « activités suspectes ». Nous espérons que toutes les actions aideront le peuple Rohingyas à pouvoir enfin faire entendre sa voix et devenir un peuple libre.

écrit par Léa