On y était : la pièce de théâtre Sodome Ma Douce du collectif Louve

tumblr_inline_pamq5yp8Tx1rbnb6g_1280.png

Ce dimanche 17 juin, je suis allée voir « Sodome, ma douce » au point éphémère dans le X arrondissement de Paris. En plus d’être situé dans un quartier agréable de la ville des Lumières, c'est un lieu qui bouge sans arrêt : entre expositions, concerts, performances, festivals, soirées, rencontres et événements insolites on ne s’ennuie jamais. On y trouve aussi un rooftop avec une buvette, des transats…

Mais si nous sommes venus ici, ce n’est pas pour parler du lieu mais de la pièce de théâtre que nous allons y voir. « Sodome, ma douce » est, en tout premier lieu, un livre de Laurent Gaudé qui raconte l’histoire de la seule survivante du massacre de Sodome, ville saccagée par la haine des Hommes. Cette ville, jumelle avec Gomorrhe, fut une cité libre et sensuelle où tout était permis et où personne ne se privait de rien. Un jour, « un homme magnifique, au corps puissant et au sourire doux », se présente comme un ambassadeur. Il séduit tous les habitants de Sodome, les femmes comme les hommes et leur donne, sans qu’ils le sachent, un poison mortel : la vérole ; infection sexuellement transmissible. Ainsi Sodome, ville libre sexuellement, est touchée là où était sa différence, son pêché, selon la religion : le sexe.

Ce que je suis allée voir c'est un spectacle-évènement qui mélange théâtre avec chant, danse et performance. À travers les mots de Laurent Gaudé, l’histoire de Sodome et Gomorrhe est racontée par la voix et les corps de neuf femmes. À elles seules elles représentent la survivante de Sodome, la vérole, cet « homme magnifique », la pluie, la chaleur, la violence et l’amour. Elles jouent dans de petites salles afin d’avoir une proximité et une connexion particulière avec les spectateurs. En effet, lorsqu’elles courent, respirent, chantent, dansent… on sent leur chaleur, leur respiration et la vibration de leur voix. Cela permet d’entrer en relation et en totale osmose avec la survivante de Sodome.

De plus, le décor est très pauvre : le plafond est recouvert de draps noirs. Ils représentent le ciel qui recouvre la cité rasée et détruite, laissée en ruine, les ondes qui parcourent cette cité, les mots des intolérants… Ils représentent l’obscurantisme. Les neuf femmes qui jouent et rapportent les mots de la survivante de Sodome appartiennent au collectif Louves qui est un collectif théâtral féminin. « Sodome, ma douce » est leur premier spectacle mais elles ne vont pas s’arrêter là. Elles sont en représentation du 6 au 29 juillet 2018 au festival d’Avignon OFF.

Tu peux retrouver le collectif Louves sur Facebook et Instagram