On vous a demandé de parler de féminisme

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De nos jours, que ce soit sur les réseaux sociaux ou même dans la rue, tant en bien qu'en mal, le féminisme a une place importante au sein de notre société. Des mouvements anti-féministes aux mouvements pro-féministes les plus extrêmes tel que le Femen, les points de vue sur la question du féminisme sont très hétérogènes. C'est grâce aux réponses d’un petit questionnaire que nous allons pouvoir confronter les avis de trois femmes et trois hommes et voir comment le féminisme est réellement perçu.  


Myriam, 22 ans, journaliste audiovisuel, actuellement chez Booska P, Nanterre.

Yoan, 16 ans, lycéen, écrit énormément indépendamment du lycée, Nancy. 

Julien, 18 ans, fan de rap et beatmaker, Nancy 

Marie, 17 ans, lycéenne, Houdemont. 

Leïla, 26 ans, journaliste, Paris.   

Nabil, la trentaine, technicien informatique, Paris. 

Myriam : Pour moi le féminisme c'est tout simplement la normalité. L'égalité entre les hommes et les femmes. La parité quoi !

Marie :C'est croire que les femmes ont autant de droits que les hommes tout simplement.

Leïla : “Être féministe, c’est se positionner et agir en faveur de l’égalité des sexes. C’est œuvrer pour une société où hommes et femmes sont considérés de la même manière, sans suprématie de l'un sur l'autre. C’est penser que les hommes et les femmes doivent être égaux dans tous les aspects de leur vie. C’est être indépendante financièrement, d’où l’importance du combat pour arriver à une égalité des salaires à poste égal entre femmes et hommes (la route est encore longue). C’est choisir de s’habiller comme on veut sans craindre les remarques sexistes, c’est disposer de son corps. C'est refuser que notre anatomie ne définisse qui nous sommes, nos compétences et nos chances dans la vie.”

Julien : Pour moi le féminisme, c'est l'action réalisée par un groupe de femmes pour rendre possible l’égalité entre les femmes et les hommes dans les catégories où elle n’existe pas, comme dans les salaires ou les places au travail.

Marie : Je trouve que c'est une notion tellement évidente, je suis toujours choquée de voir qu'à notre époque le sexisme et les inégalités existent encore et toujours. Je peux paraître naïve mais je ne comprends juste pas comment les gens restent sans rien faire face à ces inégalités. Il est temps de se bouger !

Myriam : Avec les réseaux sociaux on a vite le cliché des femens qui osent la nudité ou bien les femmes qui se plaignent pour des broutilles sur les réseaux dès qu'il n'y a pas une égalité homme/femme.

Yoan : Je pense que les hommes se doivent d'être féministes, je me considère comme tel. Mais malheureusement, certaines féministes excluent volontairement ou non les hommes de ce mouvement, parce que parfois la haine est mal placée.

Nabil : Le féminisme selon moi est détourné par des femmes hystériques sur les réseaux sociaux qui gâchent celles qui font des vrais combats. Les mots que j'ai en tête c'est domination et extermination.

Julien : Le féminisme exclut les hommes étant donné que le plus souvent les hommes sont mis en valeur et n'ont pas à se plaindre comparé à la femme.

Marie : Absolument pas ! On ne se bat pas pour avoir plus de droits que les hommes mais autant qu'eux ! La cause est ouverte aux hommes et ça ferait d'autant plus bouger les choses si ils s’y mettaient.

Leïla : On peut être un homme et être féministe. Le féminisme n’est pas une affaire de femmes, comme la lutte contre l’homophobie n’est pas une affaire de LGBT ou le racisme l’affaire des noirs… Toutefois, encore plus que la femme, un homme ne devrait pas dire qu’il est féministe ou pro-féministe, il devrait le vivre.

Yoan : Le féminisme dénonce une société basée sur des principes patriarcaux; j'associe le féminisme au combat évidemment.

Marie : Evident. Combat de tous les jours. Egalité. Solidarité.

Julien : J'associe le mot “cause” au féminisme.

Yoan : C'est l'héritage de grandes femmes, qui ont vouées leurs vies à améliorer la condition de la femme, pour que la femme soit considérée comme l'égale de l'homme. Simone de Beauvoir, Simone Veil, Rosa Parks, Frida Kahlo, Malala et Michelle Obama, il y en a énormément d'autres mais celles là m'inspirent particulièrement.

Marie : Il y a Simone Veil qui nous a quitté récemment. Elle s'est battue pour le droit à l'avortement qui est primordial, ça n'a pas dû être facile du tout mais elle n'a rien lâché et j'ai beaucoup d'admiration pour elle, elle a permis aux femmes de reprendre le contrôle total de leur corps. Il y a aussi Emma Watson qui a fait un magnifique discours sur le féminisme et qui m'a beaucoup émue.

Nabil : Personnalité féministe ? Je dirais Audrey Pulvar.

Leïla : Mes modèles féministes : ma mère, mon père, Virginie Despentes (j’ai compris que j’étais féministe en lisant son essai « King Kong Théorie »).

Marie : Alors une vraie meuf, ça serait une meuf qui se bat pour accéder aux droits qu'elle mérite en tant que femme, et laisser alors aux générations futures de meilleures conditions de vie. Une vraie meuf s'assume, profite de la vie et surtout fait le maximum pour atteindre ses objectifs et être heureuse.

Myriam : Pour moi une vraie meuf c'est une meuf VRAIE. Qui s'assume. Qui reste elle-même. Qui va pas vouloir se transformer pour ressembler ou plaire aux autres. C'est une meuf qui assume ce qu'elle est. Surtout au niveau de la personnalité. Qui a du caractère et qui sait défendre ses idées

Yoan : Une meuf qui se bat pour ses droits et qui se fait pas endormir par les apparences d'une société égalitaire !

Julien : Une vraie meuf pour moi c'est une fille qui naturellement reste celle qu'elle est, sans facettes, sans se cacher derrière un rôle ou un personnage.

Nabil : Une meuf qui se respecte, qui a un minimum de pudeur et qui me donne son numéro (petite blague).

Leïla : Il n’y a pas de vraie meuf. On peut être moche, frigide, hystérique, looseuse à tout point de vue, virile, exclue du grand marché à la bonne meuf et être une vraie meuf. Tout comme on peut être séduisante, douce, féminine et coquette, et être une vraie meuf. Qu’importe. Le plus important, c’est de se sentir bien dans ses bottes, de ne pas se laisser marcher sur les pieds et de se battre comme une lionne pour ses droits les plus fondamentaux. J'ai en tête un passage de l'œuvre de Simone de Beauvoir, “Le Deuxième sexe” : “La “vraie femme” est un produit artificiel que la civilisation fabrique comme naguère on fabriquait des castrats ; ses prétendus instincts de coquetterie, de docilité, lui sont insufflés comme à l'homme l'orgueil phallique ; il n'accepte pas toujours sa vocation virile ; elle a de bonnes raisons pour accepter moins docilement encore celle qui lui est assignée.

écrit par Chahinaz