Noumia

15h, Le Pavillon des Canaux.

J’attends Noumia à la station de métro : elle m’emmène dans un endroit particulier qui s’appelle Le Pavillon des Canaux. “Tu vas voir, c’est très cosy, tu te sens comme à la maison !” En effet, nous arrivons dans une sorte de maison au bord du quai du canal. Des canapés, des tables, des armoires, une salle de bain, le lieu ressemble à une grande maison partagée, où chacun peut s’asseoir lire un livre, travailler, boire un café, comme à la maison.

La première fois que j’ai vu Noumia, c’était à un concert. Elle jouait du luth sur scène, lors du concert d’Ibrahim Maalouf à Bercy. La discussion parle de musique. “Je ne comprends pas les gens qui disent qu’ils n’écoutent pas de musique. Tu en entends forcément dans ta vie, de près ou de loin, même si tu ne t’y intéresses pas vraiment. La musique, c’est quelque chose qui fait partie de la vie; c’est quelque chose qui me touche beaucoup et qui me parle et j’associe beaucoup de musiques à des périodes de ma vie. Dans ma famille, la musique occupe une place très importante. Mes parents m’ont fait écouté beaucoup de jazz quand j’étais petite et mon copain est ingénieur son. Je pense aussi que cela a été influencé par mon entourage.”

Les dernières musiques qu’elle a écouté ? “En ce moment, je suis entre le nouvel album de Drake que j'adore et l’album de Tigran Hamasyan, un pianiste de jazz arménien très talentueux dont je suis fan.”

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Noumia est en bi licence anglais-lettres modernes appliquées. “Je veux devenir journaliste, plutôt dans la musique ou dans le culturel en général, mais je commence à m'intéresser peu à peu la politique. J’aimerais bien, un jour pouvoir rencontrer Marine Le Pen et l’interviewer. J’ai envie de savoir si elle croit vraiment à ce qu’elle raconte.”

Elle travaille actuellement sur un projet, NMT (Not Manet’s Type) qui aura pour thème principal les femmes de couleur. “NMT c’est une plateforme radio/webzine qui veut mettre en valeur les femmes, en priorité issues de minorités ethniques dans l’art et dans plein d’autres domaines (écriture, photo…). Moi je m’occupe d’une émission axée musique et c’est la première fois que je fais une radio donc je suis contente. J’ai été inspiré par les femmes fortes et indépendantes (Grace JonesViola Davis, Beyoncé bien sûr mais aussi des écrivaines Chimamanda Ngozi ou Fatou Diome), mais aussi des gens de la vie de tous les jours comme ma coiffeuse, ma prof de civilisation anglaise et ma mère…”

Aujourd’hui, la plupart des femmes de couleurs et féministes sont souvent assimilées aux afro féministes de twitter, dont le “dernier scandale” était une fille sur twitter qui a critiqué l’action de Jérôme Jarre (cf. Article précédent). “Les afro fems de twitters sont indispensables; elles mettent en lumière en quelques mots ce que personne n'ose penser ouvertement, et c'est fait avec humour en général donc c'est cool. Après, je pense que c'est pas parce qu'on est afro fem qu'on doit avoir une haine du blanc, c'est assez dommage car ça casse la pensée et ça la décrédibilise.”

Instagram

Instagram (NMT Collective)

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