Morgane

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Saint Paul, 18h20.

Ce qui m’a d’abord intrigué chez elle, c’est son look : une fille aux tresses roses à la Lil Yachty, ça ne court pas les rues à Paris. Je la retrouve à l’arrêt de métro puis on décide de marcher sans but. Je lui demande si elle aime bien se promener. “Tout a commencé lorsque je n’avais plus de Pass Navigo…” Lorsque je lui demande pourquoi elle a choisi de m’emmener dans le Marais, quartier que j’affectionne particulièrement, elle me répond : “C’est mon quartier. J’habite ici depuis 10 ans, c’est l’endroit que je connais le mieux et dans lequel je me sens le mieux. Ce quartier je le connais par cœur, même les yeux bandés, je pourrais rentrer chez moi”. Au début, la conversation se fait assez timide, on parle des cours : Morgane est au lycée, en littéraire. “J’adore les langues. Je parle l’anglais couramment et en ce moment j’apprends le japonais. Je kifferais aller au Japon, peut-être cet été.” Elle avoue vouloir vivre plus tard à Tokyo ou à L.A ou peut-être entre les deux. En tout cas, le Japon est une de ses plus grandes inspirations.

La conversation dérive petit à petit sur un sujet que j’aime beaucoup : les croyances. Quand je demande à Morgane si elle est croyante, elle me répond que ses parents sont croyants, son père est musulman et sa mère est chrétienne : “Je suis sûre qu’il y a quelque chose mais je n’ai aucune idée de ce que c’est. J’ai envie de connaître la vérité, même si je sais que ce n’est pas possible. ” 

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Morgane fait de la musique. Elle rappe, enregistre chez elle, réalise ses clips. Elle m’explique qu’elle puise dans tous les délires des rappeurs qu’elle écoute. Sa plus grosse inspiration ? Yung Lean. “J’adore ce qu’il fait.“ Elle a sorti un premier clip et compte sortir son premier EP bientôt. “J’ai enregistré plein de sons récemment, j’aimerais varier un peu les styles.”

On parle de Berlin, de New York et de L.A. “Je compte y aller pendant les vacances d’été, chez une pote qui habite là-bas”. Une pote qui n’est autre que Tommy Genesis. “Je la connais depuis un an, à peu près. Je lui avais parlé de ma musique et quand elle est venue à Paris, on s’est vues et on a passé du temps ensemble. Elle est vraiment en train de percer en ce moment. C’est une personne géniale, il y a que du bon en elle.” 

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Et le regard des gens ? “Avant j’avais peur de partager ma musique, surtout que je suis une meuf, je rappe en anglais, j’avais peur que les gens me regardent mal ou me juge, du coup je faisais mes bails en privé. Mais évidemment personne n’était au courant que je faisais de la musique et du coup j’avais aucune opportunité. Maintenant je partage un maximum ce que je fais et j’ai plus de visibilité. Bien sûr, il y a des gens qui jugent et des commentaires méchants et ça peut être blessant. Récemment lorsque j’ai sorti mon premier clip, j’ai eu des commentaires haineux sous ma vidéo et je me suis dit, les gens ont quand même pris le temps de taper un commentaire pour me dire que ce que je fais c’était de la merde, alors que eux, en attendant ne font rien. Bien sûr, il faut aussi accepter la critique ; il y a des gens qui m’ont dit qu’ils n’aiment pas ma musique mais qui trouvent que le clip est bien fait. Mais de toute façon, il y aura toujours des gens qui vont te juger et te dire qu’ils n’aiment pas ce que tu fais, faut juste ne pas y prêter attention.”

Morgane est encore très jeune. Elle a eu ses 17 ans il y a seulement quelques jours et a encore la vie devant elle. Et on espère que 2016 n’était qu’un preview de ce qui l’attend.

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