"god is a woman" : un hymne du féminisme ?

tumblr_inline_pjxm1uN1S51rbnb6g_1280.jpg

Le clip de la célèbre chanteuse Ariana Grande, sorti le vendredi 13 juillet 2018, a eu un franc succès bien mérité. Entre connotations artistiques et références religieuses, la star mêle les genres et transmet un message féministe fort. A travers son clip vidéo, elle nous entraîne dans un univers où le pouvoir est exclusivement féminin, prônant une image forte et glorieuse de la femme.

Costumes incroyables, décors hors pairs, effets éblouissants, voici les éléments qui composent le clip d’Ariana Grande. Ajouté au côté engagé de la musique, la mise en image des paroles est incontestablement une véritable réussite. Si nous avons déjà pu voir des clips vidéos magnifiques au sein de l’univers musical, celui-ci rentre facilement dans la liste des incontournables de la musique pop.

La vidéo est basée sur un enchaînement successif de plans divers, alliant couleurs au noir et blanc, réalité au dessin et à la peinture, l’artistique au religieux. Un mélange surprenant qui a plu à des millions de personnes dont beaucoup se sont plu à analyser les détails du clip. Dès les premières images, Ariana danse au milieu de la voie lactée, sous-entendant que la femme est au « centre du monde », et que son pouvoir est immense. Une idée que nous retrouverons d’ailleurs un peu plus tard, lorsqu’elle se trouve assise sur la Terre, plus grande encore que celle-ci, et formant des tornades simplement du bout de ses doigts.

La chanteuse engagée traduit à travers son clip les difficultés vécues par les femmes, mais aussi, paradoxalement, leur puissance. Nous trouvons par exemple un passage où la star brise le plafond à l’aide d’un marteau. Il s’agit ici d’une fine référence au « glass ceiling » qui signifie « plafond de verre », et qui est une expression traduisant les encombres connues par le sexe féminin pour atteindre de hautes responsabilités et un statut de pouvoir. La femme est ici présentée comme « L’origine du monde », dévoilant le vagin sous toutes ses formes, de manière aussi artistique que subtile. Que ce soit par ses tenues, ses postures ou bien les décors, Ariana Grande met en image la sensualité et la féminité, sans sexualiser pour autant le sexe féminin.

Les connotations religieuses sont multiples, et démarrent dès le titre de la musique « God is a woman » (Dieu est une femme). Ainsi, Ariana Grande est positionnée comme une déesse, portant parfois des costumes de l’Olympe, ou bien en se trouvant assise sur un globe. Nous retrouvons énormément de références à la religion, l’une des principales étant également le marteau de la justice que la chanteuse brandit sous une « lumière divine ». C’est d’ailleurs à ce moment précis qu’elle récite le verset 10 du texte 25 du « Livre d’Ezéchiel ». L’une des références les plus importantes, rejoignant également l’aspect artistique du clip, est la dernière scène de la vidéo : une revisite de la célèbre œuvre de Michel-Ange « La Création d’Adam ». Ici, nous parlerons davantage de la création d’Eve.

Le courant féministe continue de toucher de plus en plus de personnes puisqu’il s’agit d’une cause au cœur de la société d’aujourd’hui. Cette chanson illustre donc le combat quotidien des femmes et leur juste valeur qui se doit d’être reconnue. Une musique dans l’air de son temps qui a permis à la star d’atteindre un réel succès très rapidement. Par ce clip, Ariana Grande se positionne comme une chanteuse engagée, un exemple féminin qui a déjà séduit d’innombrables fans à travers le monde. Une star désormais comparée à une déesse à la voix puissante et divine.

Cependant, Ariana garde la beauté parfaite qu’on lui connaît et ne montre aucun défaut, aucune imperfection, mais on ne peut pas lui en vouloir, le but n’était pas de réaliser quelque chose d’authentique. On comprend que le clip ne compte pas changer le reste de la vision du monde, il a surtout pour but de faire passer un message et une puissance féminine et féministe, à travers une esthétique qui reste très léchée. Bonne volonté ou outil marketing ? La frontière est fine et nous ne pouvons pas savoir.

écrit par Eloïse