Gloria

Bastille, 12h10

Gloria m’attend à la station de métro : coupe garçonne, créoles, manteau long, baggy, elle sort tout droit d’un clip des 90s. Elle a grandi dans le 11ème, avec une mère styliste et un père musicien, c’est tout naturellement dans son quartier qu’elle a décidé de m’emmener. On prend des burgers sur le chemin et on va chez elle.

Gloria est en vacances : elle est en BTS de communication mais elle travaille aussi pour Twenty Magazine. Juste après, Gloria a d’ailleurs rendez-vous avec Rayan Nohra pour réaliser une interview. “C’est une amie qui m’en avait parlé en me disant que ça pouvait peut-être m’intéresser et ça m’a plu, je me suis lancée dans l’aventure.” Twenty, c’est un nouveau magazine digital fait par les jeunes pour les jeunes. Un concept très intéressant pour Gloria, qui a pour inspiration le journaliste Mouloud Achour, rédacteur en chef de Clique. “J’adore sa manière de voir les choses, il apporte vraiment quelque chose de nouveau au journalisme. Moi aussi, je veux montrer le vrai visage des gens sans pour autant tomber dans la critique ou la caricature.”

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La discussion tourne sur les événements du 13 novembre : “Ce sont des événements qui m’ont vraiment marqué parce que je me suis sentie touchée directement. Ce soir là, j’étais avec une amie dans un restaurant et là j’ai reçu plein d’appels de ma mère et mon père et je ne les avais jamais vus dans cet état. Nous sommes allées chez mon amie et le lendemain, lorsque j’ai vu que l’attentat avait eu lieu au bout de ma rue, ça m’a mis très mal. J’avais l’impression qu’on avait touché à mon enfance : c’est le quartier où j’ai grandi, j’étais à l’école et au collège ici, et je me suis toujours sentie en sécurité.”

Et malheureusement, ces événements ont aussi engendré un racisme toujours plus fort. “La discrimination c’est un truc que je ne supporte pas : j’ai toujours grandi avec des gens de toutes les origines, de toutes les religions et tout ce racisme, sexisme, homophobie, islamophobie m’écœure. J’aimerais beaucoup pouvoir donner la parole à ceux qui ne l’ont pas. On a par exemple, en ce moment, des polémiques ridicules sur les femmes voilées, alors qu’on ne leur demande jamais leur avis. J’ai envie de leur donner la parole, sans pour autant tomber dans la caricature du bobo journaliste qui fait semblant de s’intéresser aux problèmes des autres.” J’ai hâte de voir ce que l’avenir lui réserve.

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