Assa

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Ivry Sur Seine, 16h.

J’arrive en bas de chez Assa. Elle m’attend avec ses enfants et me fait signe de monter dans l’ascenseur. Assa a la trentaine et est déjà maman de 3 enfants. “Je voulais avoir des enfants jeunes, comme ça je grandirais avec eux. J’aimerais bien en avoir un quatrième.” Elle aime cuisiner, faire du shopping et voyager.

Assa est née et a grandi à Beaumont-sur Oise, dans le 95. “Je suis une vraie Beaumontoise. Une partie de ma famille habite là-bas. C’est une ville que j’aime beaucoup car, même si elle est un peu éloignée de Paris, il y a beaucoup de verdure et c’est grand, comme la campagne. Je suis quelqu’un qui aime beaucoup les grands espaces et les lieux calmes, où tu respires. J’ai eu une enfance heureuse.”

Elle était éducatrice en prévention spécialisée avant de tout laisser tomber pour se consacrer à la cause de la mort de son frère Adama, il y a bientôt un an, tué par des policiers après un contrôle de police. “Au début, c’était très dur, on a ressenti beaucoup de tristesse. Mais cette tristesse s’est très rapidement transformée en colère et en rage. On est une famille soudée et je pense que c’est quelque chose qui nous a aidé à surmonter le choc.”

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Le 19 juillet 2016, Adama Traoré et son frère Bagui sont interpellés par les gendarmes à Beaumont Sur Oise. Adama est brutalement maîtrisé par les policiers et est placé en garde à vue après avoir tenté d’échapper au contrôle. Il mourra quelques heures plus tard entre les mains des policiers dans des circonstances très floues. Une première autopsie parlera de problèmes cardiaques et “d’infection grave”. La famille demande une seconde autopsie qui révèle un tout autre diagnostic : Adama serait mort d’asphyxie. S’ensuit des manifestations à Paris et en banlieue réclamant la justice pour cette énième bavure policière. Cependant voilà, l’affaire est étouffée rapidement et peu de médias, mis à part CliqueTv prennent le temps de parler de l’affaire. Mais cette dissuasion ne marche pas avec Assa. “Ils font tout pour nous dissuader et nous faire taire mais cela ne marche pas. Mon frère Bagui est encore en prison et ils continuent l’acharnement sur notre famille. Mais ils ne comprennent pas qu’on leur tiendra tête jusqu’au bout, on ne se laissera pas faire et on ne lâchera rien, on ira jusqu’au bout pour avoir enfin la justice.”

On parle du concert qui a eu lieu récemment pour la cause. “Organiser ce concert était une bonne idée, l’argent nous a permis de payer nos frais de justice, mais c’était très fatiguant, on a eu beaucoup de travail car peu de temps. Youssoupha nous a vraiment aidé à mettre tout cela en place. Il y avait une bonne ambiance pendant tout le concert et une bonne énergie. Je remercie les artistes et le public, de s’être réunis ce soir la pour la cause d’Adama.”

Quelle est la suite du mouvement ? “On continue à se mobiliser dans les différentes villes de France et je suis actuellement en train de préparer un livre qui relatera toute l’affaire. On prépare aussi le premier anniversaire de la mort d’Adama.” Et si jamais un jour justice est faite, qu’est-ce qu’elle aimerait faire ensuite ? “J’aimerais m’occuper de l’association Adama, continuer à faire vivre le nom de mon frère à travers de belles actions et pourquoi pas créer un parti politique. J’aimerais aussi voyager avec mes enfants.”

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